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déclaration capd du 4/07/2019
Publié; le 4 juillet 2019 | Laurence

Déclaration du SNUDI-FO 77
CAPD du 4 juillet 2019

Madame la Directrice des services académiques de l’Education Nationale,
Mesdames et Messieurs membres de la CAPD,

Le mouvement se termine enfin, la veille de la fin de l’année scolaire.
Les modifications importantes imposées cette année n’auront pas été étrangères à ce délai. Il est vraiment regrettable qu’il y ait eu si peu d’écoute au niveau national. Heureusement, lors du mouvement complémentaire, les services ont pu remplacer l’algorithme omnipotent qui place les collègues au hasard. Un peu plus d’écoute préalable de la part du ministère aurait sans doute évité ce surcroit de travail dans l’urgence et la chaleur. Mais il est vrai que l’objectif, dans la « vraie vie » telle que le ministre la conçoit, c’est le professeur d’école qui enseigne là où on lui dit d’enseigner, qui prend en charge les classes et le public qu’on lui dit de prendre, avec les conditions de travail qu’on lui fait subir, avec les réformes sans but progressiste ni pédagogique avec des obligations de services toujours augmentées, avec bientôt des vacances scolaires tronquées par des formations. Il est vrai qu’au niveau gouvernemental, nous sommes des fainéants et des incompétents, remplaçables, déplaçables, substituable par des contractuels, des numéros dans un algorithme. Pour le ministère, vivement que le professeur des écoles soit celui de l’article de l’article 1er de la loi Blanquer, exemplaire, exemplaire et docile, exemplaire et muet.

Pour nous, la vraie vie des professeurs des écoles n’est pas celle-là. Mais peut-être ne sommes-nous pas « exemplaires ». Pour nous donc, la vraie vie des professeurs d’école, ce sont les classes surchargées, un accueil toujours plus nombreux d’élèves à profil éducatif particulier, sans les moyens de accueillir décemment, ce sont les trajets longs, les obligations de services largement dépassées, les fermetures de classes, la non-reconnaissance du travail bien fait, c’est le plan canicule avec ses recommandations impossibles à appliquer. La vraie vie des professeurs que nous sommes, c’est l’absence de Médecine de Prévention, les collègues en attente de RQTH se demandant quel sera leur sort lors du mouvement. La vraie vie, c’est celle contenue dans le bilan social du ministère publié récemment et qui montre que les démissions dans le premier degré sont passés de 322 en 2011 à 862 en 2018, qui montre que l’écart de traitement entre un PE et un fonctionnaire de même catégorie (A) au ministère des finances, des armées ou de l’intérieur est de 800 à 1500 euros. La vraie vie des professeurs c’est celle devenue impossible pour certains collègues qui en finissent.

L’écoute que nous avons eue au niveau départemental n’a malheureusement pas compensé l’autisme auquel nous avons dû faire face au niveau national. Le management anglo-saxon des années 80 n’aurait pas renié la gestion actuelle des ressources humaine au sein du ministère.

Avec la CAPD mouvement qui s’est tenu le 18 juin, puis la seconde phase qui arrive aujourd’hui,
comment organiser une rentrée scolaire dans de bonnes conditions, répartir les niveaux de classe en bonne intelligence, faire sereinement ses commandes pour la rentrée ? Nous réunir pendant les vacances de juillet ? Est-ce ça l’esprit Blanquer, son contrat de confiance ? Bug informatique, retards multiples, serveur inopérant qui ont repoussé sans cesse la date des résultats du mouvement. Dans certains départements, il était même annoncé que le mouvement ne pourrait peut-être pas avoir lieu. A l’heure où l’Homme explore Mars, où les ordres de bourse s’effectuent à la nanoseconde, à l’heure où un enfant de 10 ans est capable de coder un jeu vidéo avec un smartphone et où des lycéens sont capables de hacker le site du Pentagone, l’algorithme du ministère bugue, le mouvement prend des semaines de retard. Derrière ces retards et ces dysfonctionnements, il y a des êtres humains. Nous rendons d’ailleurs hommage à ce titre aux collègues administratifs pour le travail accompli qui eux aussi subissent la maltraitance du ministère. Dans quel but ?

Pour terminer, cette année et cette déclaration, nous regretterons juste, de votre part, la non décision prise lors de l’épisode de chaleur qui vient d’avoir lieu. Beaucoup de collectivités se sont réfugiées derrière l’absence de directive de la part de l’Inspection Académique. Conseiller aux parents de garder leurs enfants chez eux, s’ils le pouvaient, aurait permis un accueil des élèves dans de bien meilleures conditions que ce qui s’est passé, alors qu’il pouvait faire entre 40 et 45°C dans certaines classes. Avec le changement climatique, maintenant avéré, nous espérons pouvoir compter sur notre administration pour prendre les bonnes mesures dans l’intérêt de tous.

cale

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