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LA CRISE SANITAIRE NE DOIT PAS ÊTRE PRÉTEXTE A...
Publié; le 1er avril 2020 | Laurence

LA CRISE SANITAIRE NE DOIT PAS ÊTRE PRÉTEXTE

A DES INJONCTIONS OU PRESSIONS DIVERSES !

1 Le volontariat pour l’accueil doit rester un vrai volontariat : aucune forme de pression n’est acceptable qu’elle vienne

directement de la hiérarchie ou qu’elle soit liée à des effets d’équipe.

Il n’est pas obligatoire de compléter un tableau de permanences parce que certains collègues d’une même école s’y sont inscrits.

Certaines circonscriptions ont fait circuler des plannings d’inscription pour l’accueil des enfants des personnels soignants incluant le mercredi et le week-end.

Suite à notre intervention, il a été clairement établi que le volontariat ne concernait pas les temps hors service des PE. Les obligations de service des enseignants ne sont pas modifiées, donc les horaires de présence des PE à l’école non plus. Il est à noter que les enseignants volontaires qui se retrouveraient sur une école différente de la leur, doivent recevoir un ordre de mission de l’administration.

Le SNUDI-FO 77 est également intervenu afin que l’employeur assume ses responsabilités en matière de protection des personnels, notamment par la fourniture de masques, alors que des cas de contaminations de volontaires sont déjà signalés. La réponse de la DSDEN est inacceptable, puisqu’elle s’abrite derrière les recommandations de l’ARS et la responsabilité individuelle des enseignants pour se dégager de toute responsabilité. L’ARS n’est pas notre employeur, c’est aux autorités académiques d’assurer notre protection. Nous exigeons la reconnaissance en accident de service pour chaque enseignant volontaire contaminé par le Covid-19 !

2. La continuité pédagogique en télétravail reste très difficile à mettre en œuvre.

Tout d’abord rappelons que le télétravail dans la fonction publique est régi par le décret du 11 février 2016. Il indique que le télétravail doit être volontaire et fait sur la base d’une demande écrite de la part de l’agent. Les agents exerçant leurs fonctions en télétravail bénéficient des mêmes droits et obligations que les agents exerçant sur leur lieu d’affectation ; autrement dit le décompte du temps de travail doit être garanti pour respecter les obligations réglementaires de service. Enfin, il précise que l’employeur prend en charge les coûts découlant directement de l’exercice des fonctions en télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci. Chaque PE qui assure actuellement la continuité pédagogique en utilisant son ordinateur, sa connexion, son téléphone constate que dans ce domaine le ministère ne semble pas pressé de se conformer au droit.

C’est sans compter l’encre, le papier, les enveloppes et les timbres qu’il faudrait également débourser pour faire parvenir aux élèves les documents qu’ils ne sont pas en mesure de recevoir via internet, sauf à rompre le confinement en allant tenir des permanences dans les écoles au péril de notre propre santé, de celle de nos proches et des familles de nos élèves.

Où est la cohérence de ce dispositif ? Cette situation démontre clairement que depuis l’annonce de la fermeture des écoles, notre administration navigue à vue au grès des annonces de notre ministre. Pour le SNUDI FO c’est à l’employeur de faire face et aucun enseignant ne peut être contraint.

3. La continuité pédagogique ne doit pas être le prétexte à des injonctions injustifiées, à des contrôles multiples et variés et souvent infondés

Alors que les enseignants sont appelés à travailler de chez eux en dehors du cadre réglementaire, ce qu’a reconnu le recteur lors du CHSCT académique qui s’est tenu lundi 30 mars, nous constatons que les demandes injustifiées, les injonctions et les tentatives de contrôle du travail de chacun se multiplient ! Cette déréglementation généralisée que nous n’avons de cesse de combattre, conduit à ces situations inacceptables, il convient de rétablir quelques principes !

· Aucun PE n’est tenu d’adopter les propositions pédagogiques qui émanent des circonscriptions, à fortiori lorsque ces demandes viennent de collègues (CPC, Coordonnateur REP), cela relève de la libre appréciation et du libre choix de chacun. Le cadre disloqué dans lequel chacun est amené à exercer n’efface pas la liberté pédagogique des enseignants.

· La tenue d’un registre des appels passés aux familles durant le confinement ne repose sur aucun texte, cette demande est illégitime et n’aide en rien les collègues. Enfin, comment ne pas y voir une volonté de contrôler l’activité des enseignants ? Aucun registre des appels passés aux familles ne doit être tenu !
· Les demandes de relever les familles sans outil numérique, là encore, ne s’appuient sur aucun texte. Pire, elles vont à l’encontre de la circulaire rectorale du 22 mars qui précise : « Les familles en situation de précarité numérique, qui ne peuvent proposer à leurs enfants des outils permettant d’assurer une continuité pédagogique à distance, doivent se faire connaître dès que possible auprès des directeurs d’école ou des chefs d’établissement afin de bénéficier, lorsque cela est possible, d’un prêt de matériel numérique, le cas échéant en lien avec la collectivité de rattachement, ou, à défaut, de matériel pédagogique. »

C’est bien aux familles d’entamer des démarches et non aux collègues de faire remonter des listes à la demande des circonscriptions.

· Les parents ne peuvent formuler de jugements sur le travail fourni ni avoir exiger du travail supplémentaire En cas de mail désobligeant ou agressif, nous vous conseillons :

1 Ne pas répondre, ne pas se justifier auprès du parent

2 Contactez tout de suite le syndicat. Nous interviendrons auprès de l’IEN pour que cela cesse…

L’IEN est le supérieur hiérarchique, pour autant il n’est pas exempté du respect des textes. Le SNUDI FO 77 est intervenu à tous les niveaux afin que les circulaires rectorales soient respectées, notamment pour clarifier la question de la distribution de documents papier. Nous sommes intervenus à chaque fois que des situations anormales nous étaient signalées, nous continuerons à le faire !

4. Le télétravail s’arrête pendant les vacances scolaires

Le SNUDI FO 77 tient à souligner que le calendrier des vacances scolaires n’a pas été modifié que donc il doit s’appliquer comme prévu jusqu’à la fin de l’année.

Le ministre l’a par ailleurs confirmé, dans son interview sur Europe 1, en indiquant que le télétravail cesse pendant les congés scolaires « Pendant la période des vacances de printemps, zone par zone, les professeurs ne seront pas au travail avec les élèves. Ce sera une période de vacances classique »

Alors que les repères et les rôles des uns et des autres sont bousculés dans tous les foyers, alors que l’attente d’un retour à la normale pèse sur tous, chacun entend que l’urgence et sanitaire et non scolaire. La continuité pédagogique ne peut être que
relative, et personne ne peut prétendre que les parents peuvent se substituer aux enseignants de leurs enfants. Ce constat impose que notre administration reconnaisse que chaque enseignant fait au mieux pour sa classe, et qu’il doit pouvoir le faire comme il l’entend, sans pression ni injonctions !

Cette crise sanitaire ne doit pas être le prétexte à la transformation de notre métier à plus long terme, continuez à nous signaler les problèmes que vous rencontrez dans vos circonscriptions.

Pour défendre mes droits et garanties statutaires de fonctionnaire d’Etat,
je me syndique au SNUDI-FORCE OUVRIERE !

cale

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