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Déclaration de la FNEC FP FO au CDEN du 11 octobre 2018
Encore une rentrée, sous le joug de l’austérité !
Publié; le 12 octobre 2018

Déclaration de la FNEC FP FO au CDEN du 11 octobre 2018

Mme la Préfète, Mme la vice- présidente du Conseil départemental, Mme l’Inspectrice d’Académie,

Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Encore une rentrée, sous le joug de l’austérité ! Malgré la crise politique, le gouvernement entend mener à bien les « réformes » qu’il a engagées. Toutes les catégories sont attaquées : salariés, chômeurs, retraités, jeunes ! Le gouvernement veut faire table rase de l’ensemble des conquêtes sociales : la santé, la sécurité sociale, l’assurance‐chômage, les régimes de retraites… Pour ces raisons notre fédération a appelé à la grève le 9 octobre.

Dans l’Education nationale, le ministre accélère le traitement de choc contre l’école républicaine et ses personnels : suppressions de postes d’enseignants et d’administratifs, fusion des académies pour 2020 et mutualisations de services. Il prépare un projet de loi pour début 2019 afin d’amplifier la territorialisation de l’école, faciliter la création d’établissements du socle commun, et compte piloter le système éducatif à travers les résultats aux évaluations grâce à la création d’une agence nationale. Il poursuit à marche forcée les contre‐réformes : l’évaluation PPCR, celle du baccalauréat et du lycée, celle de la voie professionnelle avec en ligne de mire la remise en cause de la formation initiale professionnelle sous statut scolaire, du statut des PLP et la destruction des diplômes nationaux. Il maintient ses mystifications sur le bilan de Parcoursup, qui en réalité interdit à des milliers de bacheliers de s’inscrire à l’université.

Qu’en est-il en Seine et Marne ? L’enveloppe de 40 ETP allouée à la Seine et Marne, n’a pas suffi pour palier aux besoin des dispositifs de dédoublement de CP en REP et CP et CE1 en REP +, puisqu’il a fallu le redéploiement des PMQDC. Ce dispositif se met donc en place au détriment des autres écoles du département. Ainsi il n’est pas rare de voir des CP ou des cours doubles CP – CE1 à 28 voire plus dans les écoles non classées. La gestion de la carte scolaire s’inscrit donc dans un jeu de chaises musicales où l’on ferme ici pour ouvrir ailleurs au détriment des conditions d’apprentissage de nos élèves et des conditions de travail de nos collègues.
En conséquence de cette pénurie, les garanties statutaires sont sans cesse contestées, le refus des temps partiel et de disponibilité se généralisent laissant les collègues seuls face à leurs difficultés d’organisation. Les postes à profils se multiplient entravant encore davantage le droit à mutation. Si nous nous félicitons que 98.4 % des communes de Seine et Marne soient revenues à un fonctionnement sur 4 jours, qui convient mieux à la très grande majorité, revendication que la FNECFP FO 77 a toujours défendu à tous les niveaux depuis le début. L’abrogation des réformes Peillon -Hamon- Blanquer reste pour nous une priorité, car la territorialisation de l’école est toujours à l’ordre du jour, les textes actuels permettent toujours aux communes de s’ingérer dans le fonctionnement des écoles. Pour exemple la volonté du maire de Provins de rendre le port de l’uniforme obligatoire. Comme nous vous l’avons écrit, si l’école publique se doit d’être gratuite, laïque et obligatoire le port de l’uniforme ne peut l’être, c’est pourquoi nous vous demandons d’intervenir afin de faire cesser cette remise en cause des principes républicains et que soit respecté le cadre national dans les écoles de Provins.

D’autre part, nous avons rappelé à maintes reprises que les conditions d’inclusion des élèves à besoin particuliers dans les écoles de Seine et Marne étaient souvent non requises, et que certains élèves y étaient scolarisés faute de place dans les IME ou ULIS. Si le gouvernement a annoncé la création de 10900 postes d’AESH sur le plan national, il a oublié que 20000 contrats d’AVS sont supprimés…

En Seine et Marne nous constatons qu’il manque des AVS alors que les élèves ont des notifications. Ce qui est illégal ! Et totalement inacceptable pour les élèves avec un handicap, pour les autres élèves, leur enseignant et les parents d’élèves. Les élèves sans AVS sont en souffrance car ils ne peuvent être accueillis correctement, ils ne bénéficient pas de l’attention, voire des soins auxquels ils devraient avoir droit. L’enseignement dans les classes est rendu impossible dans certaines situations… Il faut également noter les difficultés supplémentaires liées à la gestion des notifications des AVS mutualisées, les élèves ne bénéficiant plus d’une compensation avec un nombre d’heure c’est à l’enseignant référent avec les directeurs de trouver les emplois du temps compatibles avec la prise en charge de plusieurs élèves. Ce qui relève parfois du casse-tête chinois et vient accroître la surcharge de travail de direction…

Les directeurs et directrices sont souvent au bord du Burn out à cause de la multiplication des tâches administratives : la gestion des effectifs sur Onde où il faudrait maintenant intégrer les CSP des parents alors qu’aucun texte réglementaire ne le mentionne, les réunions de directeurs hors temps de service, la pression liée à la responsabilité dans le cadre de l’application du plan Vigipirate, notamment dans le cadre des ouvertures et fermetures des portes pour les prises en charges extérieures, l’organisation et la mise en place des différents PPMS, des DUERP, sans compter bien sûr toutes les équipes éducatives et de suivi et les relations avec les municipalités qui ne se simplifient pas puisque les budgets des communes fondent comme neige au soleil… Avec la mise ne place des dispositifs 100% réussite en REP+ et REP les directeurs doivent coordonner un nombre plus important d’enseignants, gérer les informations propres aux formations spécifiques liées à ces dédoublements de classe de CP-CE1 mais sans augmentation de leur temps de décharge. Avec la suppression les emplois d’aide à la direction, les conditions de travail de nos collègues directeurs sont devenues insupportables…

Alors qu’il est avéré que les PE effectuent en moyenne 41h de travail effectif hebdomadaire (source : MEN DEPP) les enseignants devraient faire passer à leurs élèves en septembre puis en février des évaluations nationales, avec un retour individualisé aux familles. Sans rentrer dans le détail de l’analyse du contenu qui laisse perplexe pourtant un bon nombre d’enseignants chevronnés. Elles représentent un temps considérable prit sur les apprentissages et une bonne dizaine d’heures pour la saisie. A l’ère du numérique où les logiciels font des miracles. La saisie des résultats devrait donner lieu à des préconisations pédagogiques que les enseignants devraient suivre ! Où est la liberté pédagogique ? Pour déterminer les remédiations nécessaires et les pistes pédagogiques à utiliser rien ne peut remplacer la relation réelle entre l’élève et l’enseignant. Ces évaluations ne reposent pourtant sur aucun texte réglementaire. Pour la FNEC FP FO les préconisations même ministérielles n’ont pas valeur de loi. Ces évaluations ne peuvent donc avoir un caractère obligatoire. Nous demandons qu’aucune pression ne soit exercée sur les enseignants qui souhaiteraient utiliser leurs propres évaluations.

Pour terminer, afin de permettre aux écoles de Seine et Marne de remplir leur mission d’enseignement dans de meilleures conditions, il est urgent d’augmenter la quantité de décharge pour tous les directeurs et directrices et, de créer des postes statutaires d’aides à la direction. De prévoir une enveloppe budgétaire suffisante pour permettre la création de toutes les classes et postes dans le premier et second degré. Sans oublier les postes de psychologues et médecins scolaires ainsi que les poste RASED et remplaçants, indispensables au bon fonctionnement des écoles de Seine et Marne.

cale
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