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Déclaration CAPD du 11 juin 2019
Publié; le 18 juin 2019, mis à jour le 2 juillet 2019 | Laurence

Déclaration du SNUDI-FO 77
CAPD du 11 juin 2019

Madame la Directrice des services académiques de l’Education Nationale,
Mesdames et Messieurs membres de la CAPD,

Nous ne reviendrons pas sur le déroulé catastrophique du mouvement qui met à mal les personnels de l’administration, les collègues qui vivent une fin d’année des plus stressantes, les écoles qui se retrouvent dans des situations extrêmement compliquées et une rentrée qui s’annonce pour le coup chaotique dans de nombreuses écoles.

Nous allons étudier aujourd’hui les INEAT-EXEAT et les demandes d’aménagement de postes. Ces demandes revêtent un caractère crucial dans ce contexte. Il en est de même des demandes de disponibilité. Il ne faudrait pas que ces disponibilités deviennent le seul échappatoire à une situation insoutenable pour de nombreux collègues.

Nous avons également le tableau d’accès à la Hors Classe. Nous continuons à nous opposer, comme nous l’avons fait depuis le début, à la mise en place de PPCR, et aux nouvelles modalités d’évolution de carrière. Nous reviendrons aujourd’hui uniquement sur 2 points qui nous posent particulièrement problème et premièrement l’injustice qui frappe les anciens instituteurs. En ne prenant pas en compte l’ancienneté générale des services, ils sont fortement pénalisés et sont nombreux à partir à la retraite sans avoir atteints cette promotion. Ils se retrouvent, en tout état de cause, derrière de nombreux collègues ayant une ancienneté bien moindre, ce qui là encore est source d’amertume envers l’institution.
Second point, il est aberrant que les avis ne puissent pas être révisés d’une année sur l’autre. Cela sous-entendrait-il que les collègues sont incapables d’évoluer et de progresser ? Où trouver la motivation quand on nous annonce que quoi que l’on fasse, on restera « satisfaisant » ou « A consolider » ?
Face à tous ces problèmes, à tous ces mécontentements, les réponses du gouvernement sont menaces et répression. Chaque évènement est l’occasion de prendre de nouvelles mesures ou d’adopter de nouvelles lois liberticides.
Les attentats furent l’occasion d’adopter une loi qui renforçait le contrôle de la presse, et qui a abouti ces derniers mois à de nombreuses descentes de police dans plusieurs rédactions.
Les manifestations des gilets jaunes avec la présence de blacks-blocs permirent de faire passer une loi « anti-casseur » qui a donné en vérité, la possibilité de revenir sur le droit de manifester avec une répression hors-norme. Très récemment, ce fut des charges violentes contre les cortèges syndicaux ou contre des manifestants pacifiques, comme par exemple à Nice où une manifestante âgée s’est retrouvée avec plusieurs côtes cassées. Mais ce fut également des arrestations arbitraires de manifestants à cause de slogans qui ne plaisaient pas !
Avant même la parution de la loi Blanquer et de son article 1, nous allons statuer aujourd’hui sur le cas d’une collègue qui a eu la mauvaise idée, un samedi après-midi, en tant qu’élue locale, de donner son avis sur les réseaux sociaux sur un point d’actualité. Un pas de plus est franchi dans le reniement de nos libertés, dans le recul démocratique actuellement mis en œuvre. Jusqu’où cela va-t-il nous conduire ?

Faut-il attendre de nous retrouver dans la situation de la Tunisie de Ben Ali pour nous émouvoir ? Que les personnes souhaitant tout simplement exprimer leur opinion soient obligées de se réfugier dans leur voiture et de rouler pendant des kilomètres pour se confier ?
Faut-il attendre un régime à la Xi Jinping pour réagir ? Que les déplacements des opposants et des militants soit surveillés, que leurs communications soient épiées, que ne puissent s’exprimer que des personnes triées sur le volet ?
Faut-il attendre que notre pays ressemble aux débuts du régime de Bachar El Assad, où la vénération du maître des lieux et des mesures qu’il pouvait prendre était la règle absolue, faut-il donc que nous chantions tous en chœur « Emmanuel Macron, nous voilà ! ».

En suivant le mouvement, en l’accompagnant, nous nous faisons complice des restrictions de nos libertés fondamentales. En sanctionnant une collègue qui a osé donner son opinion, qui s’est exprimée sans être autorisée, qui n’a pas vénérée le maître des lieux, n’allons-nous pas à l’encontre de la déclaration des droits de l’homme ? Voici ce qui y est dit dans les articles 10 et 11 :
« Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions… »
« Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement… »
Nous sommes tous responsables, à notre niveau, de la défense de nos libertés fondamentales. En mutant notre collègue dans le désintérêt du service, en la retirant de la liste d’aptitude, nous nous bâillonnons, nous nous tirons nous même une balle dans le pied, nous faisons le jeu de tous ceux qui veulent nous réduire au silence, de ceux qui souhaite la pensée unique. Nous faisons le jeu du recul de la démocratie.

cale

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