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Déclaration CAPD du 08 octobre 2019
Publié; le 8 octobre 2019 | Laurence

Déclaration du SNUDI-FO 77
CAPD du 8 octobre 2019

Madame la Directrice des services académiques de l’Education Nationale,
Mesdames et Messieurs membres de la CAPD,

Avant de commencer, nous tenions à souhaiter à tous, une bonne rentrée et surtout, une bonne année scolaire.

Rentrée qui ne fût, malheureusement, pas bonne pour de nombreuses écoles, pour de nombreux enseignants, pour de nombreux élèves…

Le nombre d’enseignants disponibles se réduit de plus en plus, la gestion des affectations est de plus en plus tendue, les arbitrages toujours plus durs et plus injustes. Comme nous le verrons au cours de cette CAPD, la fausse bonne idée est de retenir tout le monde, à tout prix (en limitant permutations et EXEAT, les temps partiels, les détachements, les disponibilités) et de charger les classes au maximum sans tenir compte de la réalité du terrain : cela entraine découragement, démissions, burn out...
Sans compter les réformes gouvernementales qui se succèdent et qui découragent de plus en plus de personnes à se lancer dans l’enseignement. Mais c’est vrai, j’oublie que c’est l’objectif annoncé du gouvernement, à travers loi de refondation de la fonction publique, de faire de plus en plus appel aux contractuels. C’est le cas pour la première fois à un tel niveau en Seine et Marne, avec 15 postes de contractuels autorisés pour le 1er degré : pour quelle qualité d’enseignement, quel surcroit de travail pour l’administration qui doit faire face aux désistements successifs de ces personnels.

A force de tirer sur la corde de plus en plus, rien ne s’arrange, bien au contraire. Nous aurions d’ailleurs presque pu commencer cette déclaration comme celle de l’année dernière, je cite : « Pour la deuxième année consécutive, des postes ont été supprimés à la rentrée alors qu’aucune mesure n’avait été envisagée précédemment. Nous demandons expressément à ce que cela ne se renouvelle plus. ». Il nous aurait suffit de remplacer « deuxième » par « troisième ».

Un mois après la rentrée, de nombreux collègues sont déjà épuisés. Ce n’est pas normal. A force de gérer la pénurie de postes, la situation est dramatique. Nous rejoignons ce rapport rédigé par des pédagogues lorsqu’ils disent des CP-CE1 dédoublés n’ont d’intérêts que si l’effort est poursuivi les années suivantes, c’est-à-dire avec effectifs allégés en CE2-CM1 et CM2. Si, comme c’est le cas aujourd’hui, aucun effort n’est fait, les bienfaits de cette mesure, significatifs en CP, en CE1, s’estompent déjà en CE2 pour disparaitre à partir du CM1. Ce que nous demandons, et continuerons à demander, Ce sont des effectifs allégés pour tous les niveaux, que ce soit en REP ou hors REP
Et lorsqu’au printemps dernier, vous nous annonciez que votre objectif était que l’on puisse avoir « tous les collègues affectés avant le 14 juillet », quel est le résultat au final, avec collègues baladés de postes en postes à la rentrée, des annonces plus que tardives, des structures d’école refaites maintes fois… Là encore, une gestion de la pénurie qui provoque des situations de mal-être au travail.
Mal être encore renforcé par la gestion de l’accueil des enfants en situation de handicap, quand la mutualisation des heures ne sert qu’à économiser des postes d’AVS. Alors que le nombre d’enfants accueillis augmente, que le ministère écrit une belle lettre aux parents vantant son action en la matière, la réalité sur le terrain est toute autre.

J’arrêterai cette énumération pour le moment, je pourrai pourtant la poursuivre, il me suffirait de reprendre les points soulevés par Christine Renon dans sa lettre. Nous aimerions bien souvent avoir tort, nous tromper dans nos analyses, car il est vrai qu’elles promettent rarement un avenir radieux pour l’école et nos collègues. Nous avons régulièrement, l’année dernière, dénoncé nos conditions de travail, le manque de reconnaissance, et pointé les risques dramatiques vers lesquels tout cela pouvait nous mener. Nous avions malheureusement raison.

Je terminerai donc cette déclaration par l’extrait du courrier d’un professeur de Philosophie à propos de Christine Renon, de son geste, de sa lettre : « Mais ce que révèle cette lettre, ce n’est pas seulement que les conditions de travail de cette directrice étaient particulièrement difficiles à Pantin : ce n’est pas seulement un cri local, localisé, circonscrit. Elle révèle l’absurdité d’un système tout entier, une absurdité érigée en système. Les protocoles, les procédures, les manières, la violence de l’immédiateté dont elle parle concerne tout le territoire. […] un système où plus aucune des tâches assignées n’a de finalité, où les directeurs et les enseignants ne comprennent plus à quoi ils servent, où ils ne se sentent plus reconnus ou soutenus, où ils se sentent parfois méprisés, où les bonnes volontés se brisent sur des procédures déshumanisées »

cale

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